Collèges – Dotations prévisionnelles de fonctionnement – Année 2027

Intervention de Najib Benarafa lors de la séance publique du Conseil départemental des Hauts-de-Seine du 16 octobre.

Impossible de parler du budget de fonctionnement des collèges sans parler de température dans les classes et du climat explosif de l’éducation dans les lycées dont les revendications légitimes, ont le soutien des enseignants, des associations de parents d’élèves et celui de notre groupe.

D’abord, nous ne devons pas oublier le passé récent : les épisodes de canicules qui ont touché tous les établissements scolaires au mois de mai et au mois de juin, sans compter les vagues de chaleur au mois de septembre. Ces vagues de chaleur ont énormément marqué, physiquement et psychologiquement la communauté éducative.

Des classes des collèges à 35°C, qui épuisent et fragilisent les corps et qui rendent tout travail intellectuel impossible. Aucun établissement n’a été épargné. Certains ont même été contraints de fermer.

Nous ne devons pas non plus dénigrer la révolte des lycéens qui est le symptôme d’une jeunesse qui a perdu confiance en nos institutions. Ce soulèvement ne doit pas être caricaturé ou réduit à un mouvement uniquement animé par la violence ou la destruction. Cette génération n’est ni paresseuse, comme on l’a parfois entendu, ni apathique parce qu’hypnotisée par les écrans. Elle se sent juste délaissée, sacrifiée, sans perspectives sociales et écologique. Elle dénonce les inégalités des conditions d’apprentissage, les inégalités face à l’orientation avec Parcoursup. Jamais l’impact de l’origine sociale sur l’accès aux études supérieures n’a été aussi marqué. Les revendications légitimes de ces lycéens souvent en détresse, pour la grande majorité, pacifiques, et respectueux des biens publics, notre groupe Ecologiste et Socialistes nous les soutenons, et nous avons le devoir de les écouter.

Pour l’instant nous ne pouvons rien attendre du gouvernement. En renonçant à certaines recettes, l’Etat s’est affaiblit. Il n’a plus de marges de manœuvre. Et quand l’Etat est faible, les élus ont moins de moyens et c’est la démocratie qui vacille.

Maintenant que nous savons que l’Etat ne peut plus garantir aux enfants d’avoir des enseignants qualifiés et bien rémunérés, devant eux, et qu’il ne peut pas garantir que les classes ne soient pas les plus surchargées d’Europe. Le Département doit essayer de sauver ce qui reste, dans le cadre de ses compétences.

Pour ce qui est du bâti, nous devons aller plus vite dans la mise en place de la végétalisation des collèges. Celle-ci est particulièrement attendue dans les collèges où le territoire est carencé en espaces verts, là où les inégalités sociales et climatiques sont les plus grandes. Sur les 6 collèges de Colombes seul 1 a bénéficié du programme îlot vert alors que les études et les consultations ont été déjà faites dans la plupart des autres collèges de la ville. A chaque conseil d’administration les parents d’élèves, les enseignants, le personnel de direction me demandent quand ce sera fait ?  Mais, nous n’avons plus de calendrier.

Prioriser les zones carencées serait un signal fort que nous pouvons envoyer aux enfants pour gommer ces inégalités climatiques.

Pour ce qui est du budget des collèges, cette année le nombre de collèges écrêtés a encore augmenté. La moitié des collèges du département sont écrêtés parce qu’ils n’ont pas assez utilisé le budget de fonctionnement qui leur a été alloué. Je ne sais pas  s’il faut y voir un renoncement des enseignants à vouloir organiser de nouveaux projets chronophages et énergivores ou si c’est la prudence des gestionnaires, mais 1,2 millions d’euros qui étaient prévus pour le fonctionnement pédagogique des collèges va revenir au Département.

Compte tenu de la crise qui touche l’éducation nationale, il serait judicieux de remettre cette somme à disposition des collèges sous une nouvelle forme.

On sait que les travaux d’adaptation aux canicules ne pourront jamais se faire dans les 98 collèges en seulement 1 an. Le niveau de saturation des enseignants et des collégiens face aux canicules est déjà atteint. A la prochaine grosse chaleur, enseignants et collégiens refuseront de faire cours s’ils se sentent en danger, et cette fois la révolte pourrait toucher aussi les collégiens.

Pour anticiper et éviter une telle situation, nous souhaiterions que vous réfléchissiez à l’idée de redistribuer 10 000€ par collège. 10 000€ à utiliser dans le cadre d’un projet pédagogique d’adaptation à la canicule.

Ce projet viendrait en complément de ce qui est déjà prévu par le département et cela permettra à toute la communauté éducative de ne pas se sentir impuissante pour agir. Ces projets feront l’objet d’une restitution commune et pourraient avoir plusieurs bienfaits.

  • D’abord ils permettraient d’identifier les priorités, selon les enseignants et les élèves, car ils ne sont pas toujours consultés, dans chaque établissement, en fonction de sa configuration.
  • Ensuite ils permettraient de faire émerger des solutions low-tech venant d’une intelligence collective, je parle non seulement des élèves mais aussi des enseignants de Physique, technologie et SVT et même d’autres matières comme l’art plastique, l’histoire géographie et les mathématiques. Les enseignants un savoir et une culture importante inexploitée et sous-estimée.
  • Ces projets avec un budget pourraient même être l’occasion créer des comités de pilotage intégrant des parents d’élèves qui peuvent aussi être des spécialistes avec un savoir-faire important.
  • Evidemment si cela nécessite des petits travaux sur le bâti il faudra le faire valider par le département au préalable.

Je sais que cela demande de faire confiance aux équipes pédagogiques et aux élèves, mais c’est précisément d’écoute, de moyens d’action et de soutien dont tous ont besoin en ce moment.

Demandons au Pôle de sensibilisation des collèges à l’environnement et au développement durable du Département de lancer un appel à projet à valider avant février.

Et si leur projet est validé ils pourront dès le mois de Mars 2027 faire leurs commandes afin que tout soit installé pour les canicules de Mai et juin.

Cela ne nécessitera aucune nouvelle ligne budgétaire, cela relancera une dynamique positive et pédagogique dans l’établissement tout en responsabilisant chacun à la problématique du réchauffement climatique. Surtout cela pourrait faire diminuer la température et la tension dans les collèges au moment des canicules.

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