Les pieds sur terre

Tribune de Najib BENARAFA dans le HDS Magazine n°14, novembre-décembre 2026.

Les dernières canicules ont montré, dans notre département, de véritables inégalités en termes de vulnérabilité face aux températures extrêmes, y compris dans des édifices neufs et dans les salles de classes, impraticables à plus de 30°C.

Pourtant la résistance des bâtiments aux vagues de chaleur avait été calculée sur la référence absolue de la canicule de 2003. Celle de 2026 a été 4 fois plus longue. Nos normes de construction, à l’image du DPE, sont déjà obsolètes.

Après ces températures extrêmes, nous devons nous attendre à des tempêtes, des inondations, des tornades dont la violence et la fréquence ne peuvent qu’augmenter. Et chaque nouvelle tonne de carbone émise dans l’atmosphère nous rapproche d’un nouveau dérèglement climatique absolu et inconnu.

À court terme nous pouvons encore nous adapter.

En créant des refuges climatiques en cas d’urgence et en multipliant les exercices d’alerte pour préserver les plus vulnérables. En rendant nos collèges plus robustes face aux rayons du soleil et aux intempéries, avec des volets et des systèmes de ventilation. En ouvrant gratuitement les musées climatisés aux Altoséquanais pendant les pics de chaleur, mais aussi les parcs toute la nuit, avec un système de gardiennage pour profiter de la fraîcheur. En rendant la Seine baignable dans les zones les plus urbanisées pour pallier le manque de piscines.

Avec sa nouvelle stratégie nature, le département a pris la mesure des transformations vitales incontournables à réaliser, car l’arbre est un climatiseur naturel pour nos villes. Mais il nous faudrait presque des villes-forêts si nous souhaitons absorber le surplus croissant de nos émissions continues de gaz à effet de serre.

La solution se trouve peut-être sous nos pieds. Un sol est un puits de carbone. Dans un hectare de sol vivant, il y a environ la moitié des espèces connues, dont 5 tonnes de microorganismes, 5 tonnes de racines, 1,5 tonne d’animaux qui réalisent des fonctions de régulation complexes dont le stockage du carbone de l’air, mais aussi l’absorption de l’eau.

Aujourd’hui 75 % des sols des Hauts-de-Seine sont artificialisés. Plutôt que de construire des Data Centers au service de l’IA, gardons les pieds sur terre, laissons respirer nos sols au service du vivant.

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