Evolution de la Maîtrise des Hauts-de-Seine : un effort de transparence à saluer
Depuis la fin des années 1990, le Département des Hauts-de-Seine est le principal financeur de la Maîtrise des Hauts-de-Seine. Cette association propose un approfondissement gratuit à l’art du chant aux enfants des Hauts-de-Seine. Jusqu’en 2025, c’était aux alentours de 500 enfants, adolescents et jeunes adultes qui bénéficiaient chaque année d’un entraînement par une équipe de musiciens et de choristes professionnels.
Courant 2023, plusieurs articles de presse mettent en cause le comportement et les propos du directeur de l’association. On apprend alors que pas moins de cinq jeunes adultes passés par la Maîtrise ont déposé plainte contre lui pour des faits ou des propos pouvant s’apparenter à des violences sexistes et sexuelles. Dans le sillage de ces affaires, d’autres articles sont publiés qui interrogent non seulement les méthodes pédagogiques d’un directeur présenté comme étant tout-puissant au sein de l’association, mais aussi la gestion financière et l’utilisation faite des subsides versés par le Conseil départemental (plus de 1,7 Millions d’Euros annuels, soit près de 80 % du budget global). Le Monde, Médiapart, France Musique, La Lettre du Musicien et d’autres organes de presse se sont fait l’écho de ces questionnements.
En juin 2025, plusieurs acteurs de la Maîtrise et du Conseil départemental sont auditionnés devant la commission de l’Assemblée Nationale consacrée aux violences sexistes et sexuelles dans le monde de la culture (voir le détail des travaux de cette commission sur le site de l’Assemblée Nationale).
Notre groupe s’est inquiété très tôt des comportements anormaux liés à la gestion de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, acteur culturel majeur du département. D’abord et avant tout pour le bien-être des enfants et des jeunes adultes qui lui furent confiés, ensuite pour l’utilisation qui était faite des fonds publics ainsi octroyés par la collectivité.
Chantal Barthélémy-Ruiz est intervenue à plusieurs reprises sur ce sujet lors des séances plénières du Conseil départemental, ainsi que pendant les commissions permanentes (non publiques).
D’abord en Février 2025 pour réagir au rapport d’activité de la Seine Musicale et poser la question de la situation de la Maîtrise des Hauts-de-Seine (retrouvez son intervention ici). Ensuite en Mars 2025 pour interroger la majorité départementale sur la subvention 2025 versée à la Maîtrise des Hauts-de-Seine (retrouvez son intervention ici).
Dans ses interventions, Chantal Barthélémy-Ruiz s’est inquiétée en particulier des mesures à prendre pour éviter les situations de VSS au sein de l’association, et pour demander une meilleure transparence quant à l’utilisation des fonds publics alloués à ses activités. L’appel à un audit réalisé par un organisme extérieur spécialisé dans ce type de situation, comme l’avait fait la Fondation pour le mal-logement (anciennement Fondation Abbé-Pierre), avait alors été proposé à la majorité départementale, laquelle n’avait pas donné suite mais avait tout de même demandé un audit à l’ AFNOR, un organisme plus généraliste.
Lors de la récente commission départementale du 26 janvier 2026, notre groupe a voté favorablement la délibération créant « la nouvelle Maîtrise des Hauts de Seine », une nouvelle association loi 1901 en charge de reprendre les activités en recentrant les objectifs pour qu’ils soient davantage tournés vers le public jeune habitant le département, avec davantage de bénéficiaires tels que les scolaires, enfants hospitalisés et personnes âgées (lire notre compte rendu de cette séance). Nous notons que la création de cette nouvelle association intervient en lieu et place d’un premier projet du département, annoncé en septembre 2025, qui prévoyait la mise en régie départementale des activités de l’association. Le Conseil départemental a publié un communiqué de presse consacré à ce sujet dans la soirée du 26 janvier (à lire ici).
Chantal Barthélémy-Ruiz a été élue comme représentante (de l’opposition) au sein du Conseil d’administration de la nouvelle association, auprès de deux autres élu·es de la collectivité. Ces nouvelles dispositions devraient, nous l’espérons, permettre de laisser derrière nous une organisation qui fut manifestement déficiente et de repartir sur des bases saines pour faire rayonner et rendre encore plus utile le travail des jeunes Maîtrisiens. Notre participation au CA devrait nous permettre d’être vigilants et de contribuer, avec l’ensemble des autres administrateurs, à un développement positif de cette association.
