Des moyens pour l’école publique – vœu présenté en séance du Conseil départemental des Hauts-de-Seine le 20 février 2026
Voeu présenté par les groupes Écologistes & Socialistes et Gauche Citoyenne, Communiste et Républicaine lors de la séance plénière du vendredi 20 février 2026 (voir le compte rendu de cette séance).


Alors que les choix budgétaires du gouvernement Lecornu pour 2026 annoncent de nouvelles mesures d’austérité touchant nos services publics, l’éducation paie encore un lourd tribut à ces orientations délétères.
Ce sont ainsi 4 032 suppressions de postes qui sont annoncées sur le plan national, soit 2 229 dans le primaire et 1 803 dans les collèges et lycées. Elles s’ajoutent aux nombreuses suppressions décidées ces dernières années, alors même qu’il faudrait aujourd’hui 10 000 créations de postes supplémentaires pour revenir au taux d’encadrement de 2017.
C’est historique dans notre pays, où pour la première fois le budget de l’armée, avec 68,4 milliards d’euros, dépasse celui de l’Education nationale (64,5 milliards d’euros). Dans le second degré, sur les huit rentrées préparées depuis la première présidence d’Emmanuel Macron, les effectifs des collèges et lycées ont augmenté de 8 865 élèves. Dans le même temps, ce sont 8 029 emplois de professeurs qui ont été supprimés.
Dans l’académie de Versailles, les moyens attribués n’ont pas davantage suivi l’évolution démographique : ce sont à présent 13 687 heures supplémentaires qui seraient nécessaires pour y retrouver le taux d’encadrement de 2017. Ce sont, cette année, 143 postes qui seraient supprimés dans notre académie.
Pour les Hauts-de-Seine, cela se traduirait par la disparition de 1122 heures d’enseignement dans les collèges, et de 461 heures dans les lycées (où le nombre d’élèves est en hausse). Les écoles du département verraient quant à elles la fermeture de 48 classes.
Au moment où les équipes éducatives et les parents d’élèves prennent connaissance des dotations horaires globales (DHG) en baisse dans les établissements, toutes et tous expriment leur indignation face à ces décisions. Ils soulignent à juste titre qu’elles entraîneront inévitablement :
- des suppressions de classes ;
- une hausse des effectifs par classe et du taux d’encadrement ;
- une dégradation brutale des conditions d’apprentissage ;
- la suppression ou la diminution de dispositifs indispensables tels que les groupes allégés, le soutien et l’accompagnement personnalisé ;
- une fragilisation des équipes enseignantes et une dégradation de leurs conditions de travail, altérant la continuité pédagogique dont les enfants ont besoin.
À ces mesures s’ajoute le lancement du plan « Collèges en progrès », par lequel le ministère a établi une liste de 800 collèges — dont 108 dans l’académie de Versailles et 13 dans les Hauts-de-Seine —, sélectionnés sur des critères de difficultés scolaires mais écartant les critères sociaux. Ce plan, au lieu d’élargir la carte de l’éducation prioritaire gelée depuis 2015, en remet en cause les principes mêmes.
Dans les Hauts-de-Seine, seuls 8 établissements REP sur 20 sont concernés, et parmi les 2 REP+, le collège Guy Moquet à Gennevilliers n’y figure pas — ce qui ne manque pas d’étonner au regard des besoins de ces établissements. Loin de recevoir les moyens qui leur permettraient de mieux accompagner les élèves, les collèges sélectionnés vont en réalité subir de nouvelles pressions managériales, soit une dégradation supplémentaire des conditions d’enseignement.
Il convient en outre d’insister sur la situation particulièrement alarmante de la médecine scolaire, structurellement en sous-effectif dans notre département comme à l’échelle nationale, qui compromet le suivi sanitaire, la prévention et l’accompagnement des élèves les plus fragiles.
Considérant l’ensemble des éléments évoqués ci-dessus, l’assemblée départementale des Hauts-de-Seine se joint aux équipes éducatives et aux parents d’élèves pour exprimer sa plus ferme opposition à ces choix, qui auront de lourdes conséquences pour notre service public d’éducation et l’apprentissage de nos enfants, et demande :
- l’annulation des suppressions de postes dans l’éducation ;
- des moyens à la hauteur des besoins pour l’enseignement public ;
- une baisse des effectifs par classe et des créations de postes d’enseignant.e.s ;
- la création de postes de remplaçant.e.s pour une continuité effective du service public ;
- le rétablissement des brigades REP et REP+ menacées de suppression ;
- la création de postes d’AESH, d’AED, de CPE et de personnels médico-sociaux ;
- la refonte et l’élargissement de la carte de l’éducation prioritaire.
