Compte administratif 2025 du budget départemental
Intervention de Dominique Trichet-Allaire à l’occasion de la séance plénière du 10 avril 2026 du Conseil départemental des Hauts-de-Seine.
Ce compte administratif pour l’année 2025 nous permet d’évaluer, budgétairement mais également politiquement, le bilan de l’action publique de l’année passée de notre collectivité. Avant de relever quelques points spécifiques, je souhaite m’arrêter sur les grandes lignes de ce bilan.
Première remarque :
Les recettes à la hausse. Elles ont dépassé de près de 120 M€ les prévisions inscrites au Budget primitif 2025 et de 100 M€ les recettes de 2024. Si nous nous plaignons régulièrement, et à raison, des prévisions bien trop optimistes et aléatoires de Bercy concernant les recettes liées à la TVA, il faut aussi noter que nos propres prévisions ont cette fois-ci erré dans l’autre sens. Car le marché immobilier, hors bureaux, et donc les DMTO, se redresse. Cela se ressent positivement sur nos recettes. Nous restons, tout comme vous, très critiques sur les modalités actuelles de financement des collectivités territoriales. Mais force est de constater que nous nous en sortons bien mieux que d’autres et que nous avons encore les moyens d’avoir de véritables ambitions.
Nous renouons ainsi avec un excédent conséquent !
Alors qu’en 2024, l’excédent de fonctionnement s’élevait à moins de 10 M€, en 2025 il est de 140 M€. L’excédent d’investissement double presque quant à lui. Au total, en incluant les sections d’investissement et de fonctionnement et cumulé à l’excédent antérieur, notre excédent bondi pour atteindre 235,3 M€. C’est plus que confortable et devrait permettre d’envisager de desserrer un peu les cordons de la bourse.
Deuxième remarque :
Alors que nos recettes ont augmenté et que notre excédent prend du volume, près de 9% des crédits inscrits au Budget primitif 2025 n’ont pas été dépensés. Et ce, tant dans les sections de fonctionnement que dans l’investissement. Cela représente 218 M€ tout de même. Alors une question me taraude : Pourquoi ? Je n’ai pas lu d’explication dans ce Compte administratif, ni en préambule, ni dans les parcours thématiques – vers lesquels je vais me tourner maintenant pour évoquer deux -trois points plus spécifiques.
Parcours spécifiques
J’aimerai tout d’abord parler du Pacte des Solidarités.
Le bilan de ce Pacte tel que présenté dans ce Compte administratif 2025 est encore moins détaillé qu’en 2024. Déjà que là, on ne comprenait pas bien à quoi servait ce Pacte concrètement, à part légèrement cofinancer certains dispositifs existants, comme le remarquait mon collègue M. Timoteo dans son intervention sur le Compte administratif 2024… Il n’avait pas vraiment obtenu plus de précisions d’ailleurs à l’occasion de sa question à M. le préfet l’année dernière sur ce sujet. Nous le répétons donc : un cofinancement, abondé paritairement, c’est bien. 2,4 M€ en tout c’est toujours cela de pris. Mais la vraie question c’est : utilisons nous cette somme pour étendre des dispositifs existants et proposer de nouvelles solutions concrètes ? Quels effets concrets ce dispositif a-t-il dans la lutte contre la pauvreté dans les Hauts-de-Seine ?
Notre rôle est de faire un bilan de l’effectivité de nos dispositifs. Or, sans données ou détails, nous ne pouvons pas effectuer ce travail d’évaluation de nos politiques publiques.
Concernant les différents parcours, avant tout un élément nous alerte : la fermeture de 3 établissements privés à but lucratif accueillant des enfants altoséquanais atteints de troubles du neurodéveloppement. Alors notre groupe n’est pas très fervent (et c’est un euphémisme) des établissements à but lucratif. Mais devant l’insuffisance considérable d’établissements de ce type, on en peut que regretter ces fermetures. Et s’inquiéter du devenir de ces enfants et du quotidien de leurs parents.
Je ne vais pas m’arrêter sur chaque parcours présenté dans le compte administratif, seulement sur quelques uns :
Tout d’abord, concernant le Parcours jeunes : chaque année ce parcours souffre de crédits non réalisés. Le Budget primitif de 2025 allouait 19,3 M€ à ce parcours. Or 16,4 M€ ont été effectivement réalisés. Pour 2024, c’était 18,5 M€ au Budget pour 17,7 M€ au Compte administratif. Pour 2023, 18,3 M€ au Budget primitif et seulement 16,9 M€ au compte administratif. Sur les 3 dernières années, nous sommes donc à une moyenne de réalisation de 91 %. Cela fait un “manque à dépenser” moyen annuel de 1,7 M€. En cumulé sur trois ans, cela fait 5,1 M€, en moins pour nos jeunes.
Pour le Parcours Sénior, même constat : 10 M€ de différentiel entre le Budget primitif et le Compte administratif, avec au CA 2025 : 157 M€ alors qu’au BP 2025, nous avions voté 167,2 M€. La non-réalisation des crédits en 2025 est partagée sur tous les postes. Alors je garde bien en tête qu’il s‘agit – peut-être- d’une conséquence de la cyberattaque ? Mais dans ce cas-là, je ne vois pas une anticipation de crédits de rattrapage dans le Budget 2026, tant en moyens financiers qu’humains ?
Concernant la carte Améthyste : nous avons un différentiel de 1,4M€. Le Compte administratif 2025 indique une dépense de 17,1 M€ alors que nous avions voté au Budget 2025, 18,5 M€. Je pense que chaque année on vous en parle pour se plaindre. Et cette année, je constate que les crédits non-réalisés sont moindres qu’en 2024. On voit, dans le Rapport d’activité des services, que le nombre de cartes attribuées augmente significativement : 46 958 personnes contre 44 366 personnes en 2024.
Pour le Parcours Personnes handicapées et plus particulièrement leur hébergement, le Compte administratif nous montre qu’en 2025, comme en 2024, on a dépensé plus que prévu dans les établissements d’accueil (EHPAD, résidence autonomie) et moins que prévu dans le maintien à domicile. Pour les collectivités (comme pour les proches, c’est dur à entendre mais c’est une réalité), il est logistiquement plus facile et plus rapide de privilégier l’hébergement en établissement. Mais est-ce la politique que nous souhaitons ? Cela va à l’encontre des souhaits des premiers concernés et de la politique de désinstitutionalisation des personnes handicapées. On peut aussi penser, comme relevé l’année dernière, que les délais de traitement des dossiers par la MDPH 92 contribuent à cette situation de sous-investissement dans le maintien à domicile.
Enfin, et j’en finirai là, concernant l’environnement.
J’ai bien noté une amélioration du Budget vert, que je salue. Mais j’ai une question sur l’investissement de l’aménagement des berges de Seine. Que se passe-t-il ? Quasiment aucun crédit n’a été dépensé. Le Budget 2025 prévoyait 5,9 M€ mais seulement 0,3 ont été dépensés à la lecture du Compte administratif.
